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Les émotions, contagieuses comme un virus

Il existe sept émotions : la peur, la colère, la joie, la honte, la tristesse, le dégoût et l'amour. Toutes ces émotions sont contagieuses. "C'est une réaction normale de l'organisme, introduit Isabelle Filliozat, psychothérapeute. Nous sommes une espèce sociale. Lorsque l'on regarde quelqu'un, nos neurones en fuseaux nous permettent d'identifier son émotion puis nos neurones miroir de sentir ce que ressent l'autre."

Pour Justine, 31 ans, cela est un problème : "J'attrape toujours l'humeur de mon mec. Et en un regard ! Il rentre du travail, il a passé une sale journée, il tire la tronche et moi qui étais bien, je me décompose en même temps. Il gâche ma bonne humeur. Je suis certainement trop empathique."

Une question d'empathie ?

"Être perméable aux émotions de l'autre dépend de nos habitudes d'empathie, mais le simple fait de vivre ensemble connecte nos ondes cérébrales, précise Isabelle Filliozat. Même si on ne veut pas attraper les émotions de l'autre, on est influencé, difficile d'y échapper." Tout dépendrait plutôt de notre capacité à se réguler émotionnellement. Certaines personnes ne se régulent pas et plongent de suite. D'autres y parviennent plus facilement. Comment réussir alors à percevoir une émotion sans qu'elle ne vienne nous chatouiller le ventre ?

Comment me détacher de ses émotions (négatives) ?

Il va bien, on va bien, alors qu'on était au téléphone avec la sécu (depuis hier). Soudainement, nos tracas s'envolent grâce au sourire de l'homme. À ce moment-là, on s'en fiche bien que les émotions soient contagieuses. On est même plutôt ravie. Mais quand l'autre fait la gueule et qu'on plonge, comme Justine, on aimerait bien trouver la recette magique pour se détacher de tout ça. "Notre premier défaut est souvent de penser qu'un mec qui fait la gueule nous fait la gueule !", s'exclame la sexothérapeute. C'est vrai, on abuse parfois de ce raccourci. Alors la prochaine fois, on se répétera qu'il est juste dans son monde et que nous, on conserve nos émotions à nous sans se laisser envahir. "Ainsi, on apprend à se soutenir, on renforce sa solidité intérieure. Le tout est de retirer nos lunettes négatives, celles qu'on utilise sans cesse pour chercher des indices : il m'aime ou pas ?", poursuit la psy.

Quand l'homme boude, se met en colère, a peur d'un entretien d'embauche, on note bien qu'il s'agit de son chemin à lui. "C'est inutile de le rassurer, précise Isabelle Filliozat. Mettons une différence entre l'autre et soi, et on l'aide en lui demandant : qu'est ce qui t'inquiète et qu'est-ce que tu peux te dire à toi-même pour te sentir mieux ?" Une façon de rester détachée. On lui donne des billes, mais on ne joue pas avec les mêmes. En lui posant ce genre de question, on apprend à être en "dehors de tout ça" et petit à petit, on ne saute plus la tête la première dans les émotions de l'autre. On les observe, les regarde et on trouve enfin notre juste place.

Merci à Isabelle Filliozat
Auteure de Les chemins de la joie
Editions JC. Lattès
18 euros

 

Voir aussi :

 


Journal des femmes

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