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Après avoir travaillé pendant 10 ans en France dans un hôtel 5 étoiles, Diana Ronsin  décide de revenir au pays pour exercer son vieil amour qui ne s’est jamais rouillé. Et depuis deux ans  elle est styliste de mode. Dans cet entretien, elle nous parle de cet amour avec beaucoup de passion.

Qu’est-ce qui a suscité chez vous  cet amour pour le stylisme?

Alors, il faut savoir que quand j’étais très jeune, à 16 ans, j’ai été mannequin junior de Chris Seydou et de Bamoudi, une styliste togolaise décédée. Donc j’aimais la mode. Mais mes parents m’ont orienté vers les études de gestion. Ma mère ne voulait pas trop que je reste dans ce domaine, parce qu’elle disait qu’il y avait trop de vice là-bas. Ensuite je suis allée en France où j’ai vécu pendant 14 ans. J’ai travaillé pendant 10 ans dans un hôtel 5 étoiles. J’étais assistante maitre et je m’occupais de l’accueil. J’avais en charge 10 personnes à gérer. Au bout de 14 ans, j’en ai eu marre et j’avais envie de revenir dans mon pays. Ma mère est décédée entre temps.

Vous êtes déjà satisfaite avec la première collection?

Je dirai oui parce que j’ai créé ce qu’on appelle le « SARI » en pagne. La collection s’appelle « Diwali ». Ça signifie en Hindi (une langue indienne, sur les 10 000 dialectes) « fête des lumières ». Donc le 09 avril 2016 il m’a été donné l’opportunité par Alpha Doumbia Samara, un jeune styliste, de défiler pour la première fois.

Les gens ont apprécié?

Oui, les gens ont bien aimé et ont trouvé original de voir un sari en pagne. En général le sari est en soie. C’est des étoffes souples et légères. C’est vrai que le pagne est un peu plus rigide. Mais moi, j’ai montré que même si le pagne est rigide on peut le porter.

Est-ce que vous pensez que les gens ont adopté?

C’est tout récent. Et j’ai eu une quinzaine de commandes. Donc ce n’est pas négligeable. C’est du sur mesure.

Qu’est-ce que vous confectionnez d’autres?

Je fais aussi des accessoires dont des colliers, des boucles d’oreilles, des bracelets en pagne et des sacs. Je peux prendre un sac le démonter et mettre une touche de pagne dessus. C’est ce qu’on appelle customiser un sac. On habille aussi des chaussures. Même celles abîmées, on les rhabille avec le pagne.

Est ce que les femmes aiment les bijoux que vous faites?

Franchement quand j’ai ouvert, je me disais que j’aurais seulement que de la clientèle européenne. Mais c’est complètement faux. J’ai au moins 80 % de mes clientes qui sont des africaines. Et les 20 % des européennes et autres nationalités.

Mais en quoi vos sacs et bijoux diffèrent de ceux des autres?

Ma particularité c’est surtout les finitions d’abord. Elles sont différentes et plus précises. Il y a ce qu’on appelle ma touche personnelle. C’est vrai que tout le monde fait des sacs avec du pagne à Abidjan, mais moi, je mets toujours un petit truc qui fait qu’on saura que c’est Diana Ronsin Créations.

Vos créations sont accessibles à tout le monde?

Oui, les prix partent de 15 000 à plus. C’est pour vous dire qu’on peut avoir une petite pochette à 15 000, une trousse de toilette à 15 000. Un sac à 35 000 ou 40 000.

Vous ne regrettez pas d’avoir abandonné l’hôtellerie?

Non je ne regrette pas du tout. On va dire que c’est deux domaines d’activités qui se rejoignent. Parce que l’hôtellerie c’est l’accueil. Il faut être avenante, souriante et aimable avec les clients. Tu peux faire un bon produit mais si tu n’es pas accueillant, tes clients peuvent repartir. C’est donc toujours le besoin de faire plaisir à autrui.

Comment arrivez-vous à convaincre les clients difficiles à faire un choix de création?

Comme je vous l’avais dit, j’ai fait une école de gestion et à la base je suis une commerciale. Donc, j’ai tous les arguments. Il arrive parfois d’avoir des clients qui entrent ici et qui sont énervés. Mais j’arrive toujours à retourner la vapeur. Sur le champ, le client n’achète pas mais on lui laisse une bonne impression et il reviendra.

Quelles sont vos relations avec les stylistes ici à Abidjan?

J’ai une relation très particulière avec Habib Sangaré qui est un grand styliste, avec qui je travaille en étroite collaboration concernant ma ligne de vêtement. Il y a Alpha Doumbia, un jeune frère, on s’entend hyper bien. Il dépose ses articles ici, dans ma boutique malgré le fait qu’il a sa boutique. Il y a Isabelle Anoh, qui m’a permis la première fois de défiler avec mes propres accessoires en 2015. Elle a été la première à me faire un article dans son magazine. Il y a Ciss St Moise aussi.

Est-ce qu’on peut avoir une idée de la prochaine collection?

J’ai des origines Hindou de part mon père. Donc ce sera toujours dans le style hindou. Mais là ce sera des jupes et des pantalons avec des tuniques.

Les couleurs vont jouer?

Oui ce sera toujours des couleurs chatoyantes et gaies. Des couleurs qui nous font rappeler la vie et le soleil.

Nous sommes en Afrique et quelles sont les couleurs que vous conseillez aux dames?

Moi, je conseillerais des couleurs gaies par exemples. Du rouge, de l’orange, du fuchsia etc… les couleurs sombres (le noir) c’est bien pour l’Europe parce qu’il fait frais là bas. On peut aussi mettre un bleu marine avec du jaune. Je pense qu’il faut oser les couleurs vives.

Un conseil à toutes les femmes

Mon conseil à toutes ces femmes qui sont seules, veuves, divorcées, célibataires, il y a toujours des vicissitudes dans la vie mais il faut être fortes et braves. Quand on a une passion, il faut aller au bout même si c’est difficile. Quand on n’y arrive pas il faut s’accrocher. C’est le travail qui va nous sortir de là. A mes jeunes sœurs je dirai ceci ‘’ il ne faut pas dépendre d’un homme’’.

 

 

Florence Bayala

 

 

 

 


Femme Afrique

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